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Match Pot de Terre / Pot de Fer : le Pot de Terre l’emporte par 2 à 0

14 février 2012

Monsanto en France et d’anciens hauts représentants d’Eternit (groupe Etex) en Italie ont en effet été condamnés ce 13 février 2012.

Ceux d’entre vous qui ont vu le film de Jean-Paul Jaud « Severn, la voix de nos enfants » se souviennent certainement de Paul François, cet agriculteur intoxiqué en 2004 par les vapeurs du Lasso, un désherbant produit par la société Monsanto dont la dangerosité a été établie depuis au point qu’il ait été retiré du marché français en 2007.

Reconnu invalide à 50 % à la suite de cet accident, Paul François se battait depuis 2004 pour faire reconnaître la responsabilité de Monsanto dans cette affaire. C’est aujourd’hui chose faite avec le jugement rendu par le Tribunal de Grande Instance de Lyon.

Paul François - Photo Copyright Béatrice Camurat Jaud / J+B Séquences

Sans surprise, le géant américain a indiqué envisager de faire appel. Il n’en reste pas moins que le jugement rendu ce 13 février est une première qui devrait faire jurisprudence.

« La reconnaissance de la responsabilité de Monsanto dans cette affaire est essentielle : les firmes phytosanitaires savent dorénavant qu’elles ne pourront plus se défausser de leurs responsabilités sur les pouvoirs publics ou l’utilisateur et que des comptes leurs sont demandés », a déclaré François Veillerette, porte-parole de l’association Générations futures qui lutte contre les pesticides et les OGM.

Autre contexte mais même jour et un écho tout aussi important à attendre en France :

En Italie, le tribunal de Turin a condamné à 16 ans de prison les deux accusés du procès du drame de l’amiante. L’ex-propriétaire du groupe suisse Eternit (65 ans), ainsi qu’un ancien administrateur d’Eternit Italie (90 ans), ont en effet été jugés responsables de la mort de près de 3 000 personnes en Italie, anciens ouvriers du groupe ou habitants de localités où étaient implantées les usines d’Eternit.

« Cette sentence donne à tous, en Italie mais aussi dans le monde entier, le droit de rêver que la justice peut et doit être faite », a estimé le procureur Raffaele Guariniello qui a enquêté pendant 5 ans pour arriver jusqu’au procès de Turin, le premier au monde au pénal (Source : AFP).

Toujours selon l’AFP, l’Association française des victimes de l’amiante (Andeva) a dénoncé « le contraste insupportable entre la situation en France et en Italie. Alors qu’en Italie, la justice a été rendue, le procès des responsables n’a même pas commencé dans l’Hexagone », a-t-elle noté. « Quinze ans après les premières plaintes en France, une catastrophe sanitaire qui fera plus de 100 000 morts n’a toujours ni responsable ni coupable », a déploré l’association.

Ne soyons pas naïfs, pour deux jugements qui viennent reconnaître la réalité de graves préjudices, combien de victimes de pesticides ici ou de l’amiante ailleurs attendent encore que justice leur soit faite ?

Pour autant, réjouissons-nous de ces deux jugements qui disent d’abord et avant tout que dans le match du pot de terre contre le pot de fer, pour une fois, c’est la terre qui gagne !

Et pour aller plus loin, je vous invite à visiter le site de l’association Phyto-Victimes créée par Paul François en 2011.

Agnès Poujol-Hardy

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