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2013, Odyssée de l’Espoir !

Crise économique et financière ici, crise écologique là, les médias nous abreuvent de leurs prévisions catastrophiques pour 2013, toutes plus  inquiétantes les unes que les autres. Nul besoin de vous les rappeler. Pendant ce temps, les grands de l’industrie agrochimique et des biotechnologies végétales (1) poursuivent cyniquement leur œuvre de « fabrication du doute » selon l’expression de l’épidémiologiste américain David Michaels (je vous invite à lire à ce sujet l’article édifiant de la journaliste d’investigation Marie-Monique Robin : « Diane Forsythe ou comment l’industrie des pesticides fabrique le doute »). Tout cela avec la complicité des agences de sécurité sanitaire nationales et européenne sensées protéger notre santé… Vers où nous tourner en ce début d’année 2013 pour retrouver un peu d’espoir ?

Photo Copyright le Goût est dans le pré

Rappelons-nous déjà que le pot de terre a remporté quelques batailles en 2012 !

Rappelez-vous, la responsabilité de Monsanto en France et d’anciens hauts responsables d’Eternit en Italie a été reconnue en justice, respectivement dans un cas d’empoisonnement aux pesticides (le cas de l’agriculteur Paul François) et dans 3000 cas de décès dûs à l’amiante  (voir mon article de février 2012 « Match Pot de Terre / Pot de Fer : le Pot de Terre l’emporte par 2 à 0 »).

C’est en 2012 également que le CRIIGEN a révélé les résultats d’une étude qui démontre la nocivité des OGM et/ou pesticides à long terme, étude dont Jean-Paul Jaud rend compte dans son dernier film « Tous Cobayes ? » encore à l’affiche un peu partout en France (voir ici les programmations).

Tandis que de nombreuses critiques auxquelles on pouvait naturellement s’attendre ont bénéficié cet automne d’une large couverture médiatique (je vous invite à lire à ce sujet cet autre article de Marie-Monique Robin : « De Chapela à Séralini: comment AgBioWorld détruit la réputation de scientifiques indépendants »), le CRIIGEN et son équipe de recherche dirigée par le professeur Gilles-Eric Séralini se sont réjouis en ce début d’année 2013 d’avoir reçu le soutien et les critiques dites positives de plus de 300 scientifiques de par le monde (provenant de 33 pays différents et des cinq continents).

Le CRIIGEN s’est réjoui également du fait que l’ANSES a reconnu d’une part la nécessité de tests à long terme pour les OGM et d’autre part la sous-évaluation des pesticides. Lire à ce sujet l’article d’Actu-Environnement :  » Etude Séralini : l’Efsa publie les données relatives à l’évaluation des risques du NK 603 « .

Ouf ! Quelle bouffée d’oxygène ! Enfin de bonnes nouvelles dont en entend pourtant à peine parler ! Parmi d’autres heureusement, mon point n’est pas de dresser ici un bilan exhaustif.

Et si on fabriquait de l’espoir en 2013 ?

Gandhi nous a laissé des phrases magnifiquement inspirantes. J’aime particulièrement celle-ci : « La vraie démocratie ne viendra pas de la prise de pouvoir par quelques-uns, mais du pouvoir que tous auront de s’opposer aux abus de pouvoir. » Et aussi celle-là, plus connue : « Soyez vous-même le changement que vous voudriez voir dans le monde ». Je remercie ici Christophe Chénebault qui a fait un travail de recherche de phrases inspirantes énoncées par de grands hommes et femmes et que vous pouvez retrouver sur son site Impliquez-vous.

Mon sentiment est que ces deux phrases mises bout à bout se parent / s’emparent d’une force  nouvelle. Je crois profondément que nous avons le pouvoir de changer le monde en choisissant attentivement le contenu de notre assiette. Quelle autre action que des milliards d’humains accomplissent chaque jour, au moins pour les plus chanceux d’entre nous, a autant d’impact sur l’état de notre planète ? C’est vertigineux quand on y pense vraiment !

Comment s’y prendre ?

Comme disait Coluche avec son bon sens détonnant : « Quand on pense qu’il suffirait que les gens n’en achètent plus pour que ça ne se vende pas ! »

Et oui ! Remplaçons le plus souvent possible les produits issus de l’industrie agro-alimentaire et de l’agriculture intensive, toutes deux pourvoyeuses à la fois de produits phytosanitaires (engrais, pesticides), nocifs non seulement pour nos agriculteurs mais bien sûr pour nous en bout de chaîne, et de perte de biodiversité.

A la place, faisons la part belle aux produits frais et de saison, le moins transformés possible, achetés en direct ou en circuit court (un intermédiaire maximum) à de petits producteurs engagés dans l’agriculture biologique et/ou favorisant la biodiversité.

Adhérons ou créons une AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) !

Cultivons notre jardin, quand bien même nous n’avons qu’un petit carré de terre à la fenêtre ! Disposer d’herbes aromatiques fraîchement coupées ou de tomates cerises en saison décuplera notre plaisir à les cuisiner et à les manger !

Contrairement à ce que le pot de fer incarné par les grands de l’industrie agro-chimique ont intérêt à nous faire croire grâce à une désinformation érigée en système, soyons convaincus, enfin, que l’agro-écologie et l’agro-foresterie sont une solution sérieuse à l’échelle de la planète pour résoudre la crise alimentaire. Je vous invite à ce sujet à voir ou revoir « Les moissons du futur », un film passionnant de Marie-Monique Robin (encore elle !) diffusé sur Arte en octobre dernier. De l’Allemagne au Mexique en passant par la France et plusieurs pays d’Afrique (Sénégal, Ghana, Kenya), elle y montre les réussites d’hommes et de femmes qui ont fait le choix de techniques de culture alternatives à l’agriculture intensive, des techniques qui ont toutes en commun de ne pas recourir aux produits phytosanitaires et autres OGM des grandes corporations de l’industrie agro-chimique… De l’espoir, je vous dis !

Je vous souhaite une année 2013 savoureuse et gourmande bien sûr mais surtout pleine d’espoir !

Agnès Poujol-Hardy

(1)    Un bien joli terme qui recouvre notamment les techniques de développement des Organismes Génétiquement Modifiés.

Mis à jour le 15 janvier 2013

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