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Nicolas Tison, producteur de vin de Sable au domaine des Dunes de la Pointe à Capbreton dans les Landes, inaugure une série d’interviews réalisées à l’occasion des vendanges 2010.

Propos recueillis le 14 septembre 2010 par Agnès Poujol-Hardy

Nicolas, comment se présentent les vendanges 2010 aux Dunes de la Pointe ?

« Assez précoces et très jolies ! 2010 devrait donner un vin assez équilibré, assez fort en degré et en couleur, avec pas mal de matière. Je pense atteindre mon objectif de rendement avec un volume correct d’environ 40 hectolitres/hectare. Dans le Sud-Ouest, l’année a été marquée par la sécheresse. Les vendanges sont donc plutôt avancées sauf dans certaines zones où le manque d’eau a été tel que la vigne s’est mise au repos induisant des vendanges plus tardives.

En ce qui me concerne, je suis très content, mes vignes désormais âgées de 15 ans ont bien supporté cette sécheresse, le raisin n’a pas subi de stress. Je pense débuter les vendanges d’ici une dizaine de jours avec le Chenin.  J’enchaînerai avec le Cabernet Franc les premiers jours d’octobre puis avec le Cabernet Sauvignon une dizaine de jours plus tard. »

Quelle est l’ambiance au domaine à quelques jours du début des vendanges ?

« Bonne mais assez tendue ! Nous devons procéder à l’effeuillage qui aura pour effet de limiter la progression de la pourriture (bien que peu présente cette année en raison de la sécheresse), préparer le chai et le matériel de refroidissement pour les cuves de blanc et de rosé, sans oublier de nous préparer à nourrir pendant plusieurs semaines les 20 à 30 personnes qui vont participer aux vendanges ! »

Nicolas, les vendanges sont exclusivement manuelles aux Dunes de la Pointe, pourquoi ce choix ?

« C’est la conjonction de beaucoup de raisons. D’abord, il faut préciser que des vendanges mécaniques très bonnes et très belles sont tout à fait possibles, c’est ce qui se pratique dans les grands domaines du Bordelais. C’est possible si on dispose d’un personnel important pour l’effeuillage, d’une machine à vendanger « de luxe » qui coûte très cher (je parle de millions d’euros d’investissement) et également d’un personnel important pour le tri à la réception. Notre organisation ne s’y prête pas !

Nous avons donc opté pour les vendanges intégralement manuelles, ce qui nous permet de gérer le volume qui arrive, d’effectuer un double triage à l’effeuillage puis à la réception. On peut tout se permettre. Sans compter que cela donne une cohésion au vignoble ! Avec 20 à 30 personnes présentes, c’est joyeux, c’est la fête ! Evidemment, c’est épuisant. Pendant cette période, je suis sur le pont à 4 heures du matin et je termine ma journée à 1 heure du matin ! »

Que mange-t-on de particulier aux Dunes de la Pointe pendant les vendanges ?

« Des magrets de canard, des saucisses et du boudin de cochon gascon, du jambon des Aldudes et en dessert des tourtières (croustade aux pommes ou au pruneau arrosée à l’Armagnac) ou du pastis élaboré à base d’un mélange de farine de blé et de millet, une expérience que nous avons menée avec Slow Food ! »

Nicolas, on te sent complètement passionné par ton aventure de vigneron à Capbreton. D’où vient cette passion ?

« Il faut comprendre que le vin des Dunes à Capbreton est totalement mythique ! L’endroit a été un vignoble très important pendant 800 ans, ce jusqu’au 17ème siècle. Les habitants de Capbreton étaient des marins qui vivaient de la pêche. Installés dans une zone fragile, ils ont eu l’idée de planter des vignes pour fixer les dunes. La vigne est une liane qui a besoin d’un support. Des strates de racines se sont créées fixant ainsi les dunes, lesquelles protégeaient la vigne du vent salé. C’est donc une production agricole extrêmement adaptée à son environnement.

Autrefois, l’Adour avait pour estuaire principal Capbreton. Grâce à cette voie maritime, le vin des Dunes a été le seul vin des Landes à s’exporter en bouteille au 17ème siècle jusqu’aux cours royales d’Europe ! A cette époque, sa dénomination officielle était « Vin Vieux de Capbreton ».

Ce qui a été réalisé à partir d’un endroit inadapté de prime abord est donc tout à fait exceptionnel. C’est pour ça que je suis passionné ! »

Merci Nicolas d’avoir pris le temps de répondre à ces questions et bonnes vendanges 2010 !

Vous souhaitez en savoir plus sur le travail de Nicolas Tison et ses vins de Sable ? Retrouvez-les sur le Goût est dans le pré !

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