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A propos de l’auteur

C’est dans le double contexte d’un cheminement personnel, dont le goût et la terre sont respectivement le fil conducteur et l’ancrage, et d’une situation écologique alarmante qu’est né le Goût est dans le pré, à partir d’un désir et d’une idée :

- un désir d’abord, celui d’apporter ma pierre à la préservation de notre planète, « Terra Madre » comme disent si joliment nos voisins d’Italie ;

- une idée pleine d’optimisme ensuite, celle que nous puissions, ensemble, modifier le cours des choses par nos choix alimentaires…

Une histoire de goût…

Pour moi, tout a commencé par de bons produits. Il y a un souvenir qui m’accompagnera toute ma vie, c’est celui du goût des tomates que mon grand-père maternel cultivait avec amour dans son jardin et en particulier de celle qu’il me tendit un jour, tout juste après l’avoir cueillie. Elle était gorgée de soleil et exhalait un parfum incroyable. Mon grand- père, qui pourtant ne les aimait pas, produisait pour le plus grand plaisir de sa famille les plus merveilleuses tomates que j’ai jamais goûtées. Il entretenait également quelques ruches dont il extrayait un miel au chaud parfum de sa terre de Rieu-Sec. Plus tard, c’est lui qui m’initia à la dégustation du vin.

Les femmes ne furent pas en reste dans mon éducation au goût car je fus et suis encore entourée de fines cuisinières ! L’attention portée au choix des produits fut une composante importante de cette éducation.

Mais le goût est généreux, il ne demande qu’à être exercé et il continue de se développer tout au long de notre vie !

… et de pré !

Issue d’une famille d’agriculteurs et d’éleveurs implantés en région Midi-Pyrénées, je suis profondément attachée à la terre et à ceux qui la travaillent. Grâce à eux, je connais la saveur d’une pêche, d’un melon ou de raisin cueillis à parfaite maturité, la saveur du lait qui sort du pis de la vache et celle du foie gras et du confit de canard ou d’oie préparés selon des recettes ancestrales.

« Ecolo » avant l’heure, mon grand-père aux tomates réalisait son propre compost et me houspillait lorsque j’oubliais d’éteindre une lumière ou que je gaspillais de l’eau… comme il avait raison ! Il m’a appris à respecter la Terre !

Slow Food

Le goût, la terre, tout cela m’emmena à Slow Food bien sûr !

Au détour d’un voyage en Toscane, j’ai découvert que je pouvais partager les valeurs dont j’étais porteuse avec une large communauté de producteurs, de cuisiniers et de « co-producteurs » ou « consom’acteurs » regroupés au sein du mouvement associatif international Slow Food dont je suis depuis devenue adhérente et membre active.

Mon éducation au goût s’est poursuivie naturellement au travers des ateliers du goût encadrés par d’éminents spécialistes en analyse sensorielle et proposés par Slow Food dans le cadre de manifestations comme Eurogusto, le salon européen du goût qui s’est tenu pour la première fois à Tours en novembre 2009. Elle se poursuit encore et toujours également au travers des nombreuses dégustations organisées par les conviviums (antennes locales) auxquelles les adhérents de Slow Food peuvent participer très régulièrement.

Mon investissement dans Slow Food m’a permis par ailleurs d’identifier quelques faits marquants que je livre à votre réflexion :

L’agriculture intensive telle qu’elle est pratiquée depuis plusieurs décennies maintenant a provoqué et continue de provoquer des ravages à l’échelle de la planète. En effet, la conversion massive de la terre à des fins agricoles de 1945 à nos jours a entraîné ce que la F.A.O. (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) appelle une « véritable banqueroute écologique » dans son « Millenium Ecosystem Assesment », rapport sur l’évaluation des écosystèmes rendu en mars 2005 après quatre années de travail réalisé par 1360 experts.[1]

A cet égard, certaines données en disent plus qu’un long discours. Ainsi, dans son ouvrage « Fatal Harvest, The tragedy of industrial agriculture », Andrew Kimbrell indique qu’aux Etats-Unis, 80,6 % des variétés de tomates ont disparu entre 1903 et 1983, qu’il en va de même pour 92,8 % des variétés de salades, 86,2 % des variétés de pommes et 90,8 % des variétés de maïs. Aux Etats-Unis, sur les 5000 variétés de pommes de terre existantes, seules 4 se retrouvent dans la majorité des cultures commerciales, deux types de petits-pois occupent 96 % des cultures américaines et 6 types de maïs 71 % de la totalité[2].

Comme le souligne Carlo Petrini, Président de Slow Food International, dans son ouvrage « Bon, propre et juste », « la biodiversité diminue à vue d’œil, surtout l’agrodiversité, avec une réduction systématique des races animales et des variétés végétales lesquelles, pendant des siècles, avaient contribué à la subsistance de territoires entiers dans une entente homme/nature parfaitement durable. »

Il est grand temps pour chacun d’entre nous de passer à l’action ! Ensemble, nous avons le pouvoir de modifier le cours des choses ! Ensemble, faisons le choix d’une alimentation Bonne, Propre et Juste !

Agnès Poujol-Hardy

Fondatrice le Goût est dans le pré


[1] Source = « Bon, propre et juste », Ethique de la gastronomie et souveraineté alimentaire, Carlo Petrini, Editions Yves Michel, 2006

[2] Source = « Fatal Harvest . The tragedy of industrial agriculture », Editions Island Press, Washington, 2002

3 commentaires
  1. HARDY
    21 juin 2010 à 15h49

    Très intéressant ! Très convaincant !
    On ne peut que partager cette profession de foi.
    Bon vent à ce grand et beau projet.
    On est de tout coeur avec sa fondatrice.
    Jeannine et Pierre

  2. Agnès
    21 juin 2010 à 17h51

    Merci de tout coeur à tous les deux pour votre soutien !

  3. SAUZEAU
    13 juillet 2010 à 14h32

    bravo!
    Des valeurs profondément ancrées, une envie de contribuer à changer (un petit peu) le monde, d’aider tout à chacun à prendre conscience des enjeux de notre alimentation sur la nature, sur notre santé et celle des générations futures…

    Longue vie à « Le goût est dans le pré », on attend avec impatience la sélection de produits gourmets et gourmands!

    Sophie SAUZEAU

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